Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Qui Je Suis

  • : Mathea's brainwriting
  • Mathea's brainwriting
  • : Detout & Derien dans ce monde en cool-heure, un signe, des maux, avant que ma mémoire ne s'affaisse ou que mes yeux ne s'effacent...
  • Contact

Objets Perdus

Archives

7 avril 2010 3 07 /04 /avril /2010 09:07

Le soleil brille déjà haut dans ciel... Allongé sur un côté de la colline, tes paupières perçoivent cet infime chatouillement de chaleur. Un sourire se dessine sur ton visage tandis que tu savoures ce bien-être absolu qui t'envahit. Enfin, tu t'éveilles à la vie.
Ton corps et ton esprit captent mille sensations à la fois, qui te plongent dans un tourbillon de délices ; ici le parfum enivrant d'un Datura, là le chant d'une mésange, un peu plus loin le doux murmure d'un ruisseau. Sans comprendre comment tu es arrivé là, tu te laisses assaillir par toutes ces couleurs et te gorges de ces merveilles.

Soudain, n'y tenant plus, tu te lèves pour embrasser le monde d'en haut. Tes pieds te portent sur une petite route pavée de briques rouges où chaque pas provoque un joli bruit qui t'accompagne et te guide pour ta balade. Il y a tant de choses à voir, de fleurs à sentir et de saveurs à goûter ! Il te semble être au Paradis. Les fruits abondent sur les arbres et leur chair est savoureuse, leur jus frais et sucré. L'eau est si pure et d'une telle transparence que ton visage se mêle aux reflets scintillants des poissons multicolores qui s'y trouvent.
Un éclat de lumière te fait relever les yeux et ces derniers se posent sur la plus belle chose qu'il ne t'ait jamais été donnée de voir.

Elle se tient à quelques mètres de toi. La blancheur de sa peau contraste avec ses lèvres rouges et fait ressortir ses cheveux longs et noirs. Le vent se glisse dans sa robe de la même couleur et en fait voler quelques pans. Elle ressemble à ce que tu n'as jamais vu mais dont tu a toujours rêvé, elle est celle que tu attendais. Tu n'oses plus bouger de peur de voir s'envoler cette beauté fragile et pourtant il te semble impossible qu'elle n'entende pas les tambourinements de ton coeur, qu'elle ne sente pas la fièvre qui s'empare de toi et qu'elle ne voit pas les tremblements qui agitent ton corps.
Dans sa main se trouvent des groseilles qu'elle porte lentement à sa bouche comme si elle voulait en savourer l'odeur, le goût, la couleur. Au moment où elle découvre ses dents et s'apprête à mordre dans cette chair rouge, elle tourne la tête et te fixe.

Son regard te transperce et allume une étincelle de feu en toi, sa présence te brûle et il te semble te consumer ainsi tandis qu'elle croque quelques perles dont le jus dégouline dans son cou.
Ton corps ne t'appartient déjà plus, il s'éparpille au vent et au soleil, et dans un dernier regard de douleur, tu graves dans ton esprit ce coeur rouge dans cet écrin blanc et noir.

 

Il fait nuit. Assis sur la branche d'un arbre et adossé à son tronc, tu te réveilles en sursautant. Des larmes brillent dans tes yeux. Il te faut quelques instants pour accepter de revenir dans ce monde mais conserver au fond de toi les souvenirs de ton Eden. Un sourire fugace empli ton visage, que tu adresses à la Lune d'un air entendu, Elle seule comprend ta solitude. Le coeur empli d'amertume et teinté d'une légère tristesse, tu quittes ton abri et reprends ta route, silencieusement.
Un dernier au revoir à ta compagne solitaire te fait apercevoir une fine silhouette, en haut de la colline. Dans un salut de main et un baiser envoyé, elle disparaît.

La Lune sourit.
Toi aussi.

À A.
03/16/2007 02:16pm

Partager cet article

Repost 0
Published by Mathea - dans {des maux}
commenter cet article

commentaires