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8 juillet 2010 4 08 /07 /juillet /2010 11:07

Tac tac tac tac tac...

Il ouvre les yeux en sursaut, se redresse légèrement et observe.

Boum ! Boum ! Boum !

Il reconnaît ces bruits, il les connaît par coeur, il pourrait les entendre même en étant sourd, il les sent tellement que souvent il ne sait plus s'il rêve ou si c'est bien réel.
Le soleil, semblant sortir de terre, embrase les arbres, l'air et le monde autour de lui. Bientôt le sable du désert se soulèvera, tout deviendra irrespirable et quand le soleil finira sa course dans une explosion de rouge, la fraîcheur s'abattra, implacable, immuable et éternelle.

Tic tic tic tic tic tic...

Ce ne sont pas les aiguilles d'une montre qu'il ne porte plus. Il essaie de compter mais il a oublié, cela fait trop longtemps. Les nuits et les jours se succèdent et se ressemblent, tout est confus dans sa mémoire, il est flouté, floué.
Dans ce monde de chaos qui passe du vacarme au silence aussi vite que la chaleur étouffante laisse place à la froideur grelottante, il ne possède plus qu'une seule certitude.

Résister. Tenir encore et toujours, ne pas abandonner, ne pas se laisser aller. Chaque lever de soleil ressemble à une bénédiction et annonce un nouveau jour qui commence. Une nouvelle lutte qui succède à tant d'autres passées, de nouvelles heures si longues qui s'étirent en une éternité. 24 lentes heures qui ne finissent jamais, 24 immobiles heures qui le cuisent à petit feu, enfer terrien de peur, de terreur, de douleur.

Il est des matins où ses yeux s'entrouvrent aux premières lueurs, où l'air porte en lui quelquechose de nouveau, où l'espoir semble briller à l'horizon. Il est des matins où l'on peut lire des prières silencieuses qui se dessinent sur ses lèvres comme s'écoulent ses larmes creusant des sillons le long de ses joues sales, semblables aux tranchées dans cette terre desséchée.

Aiuto... Padre, Madre di Dio, aiutatemi...

À peine un souffle, une voix qui ne parle plus dans cette immensité, un cri brisé au fond de sa gorge... mais toute la souffrance du monde qui enfle, monte vers les cieux et vole au vent des tempêtes du désert.

Il se tient sur ses deux jambes et a une pensée pour son fils qui apprend à marcher, un pas derrière l'autre. Il imagine cet enfant qui grandit dans un monde qui n'est plus le sien, loin, ailleurs. Un éclat de sourire le traverse. Il avance lui aussi, dans cet ici, un pas derrière l'autre... pour arriver à la nuit tant désirée.

Un jour après l'autre.

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Published by Mathea - dans {des maux}
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